Après 6 mois de congé de création d’entreprise, mon idée d’activité devient un projet non viable

Depuis un moment, une idée d’activité me trotte dans la tête et je prends la décision d’aller la visiter…. Après avoir travaillé sur moi-même en bilan de compétences notamment, je saute le pas et je prends une année de congé de création d’entreprise à temps plein pour transformer mon idée en projet.

6 mois déjà que je suis en congé création d’entreprise !  A 2 mois de congé j’ai fait un premier bilan (vous pouvez le lire ici), je pensais en faire un tous les 2 mois. Mais à 4 mois de congé, le cœur n’y était pas, trop de doutes, trop d’interrogations…

Quand je prends ce congé, je pense qu’au bout de 6 mois je commencerai à générer du chiffre d’affaires. Aujourd’hui, je sais que cette activité n’est pas réalisable telle que je l’ai imaginée. C’est un projet non viable.

Je pourrais pleurer (je suis experte dans ce domaine)… mais non, pas une larme. Je pourrais être triste, être en colère, me sentir coupable… mais non, je suis sereine.

Sereine, vraiment ???? Petite introspection pour tenter de comprendre ce qui se passe en moi…

Le contexte de la prise de congé de création d’entreprise

 

Je travaille à mi-temps et mes journées sont interminables… J’ai l’impression de mourir 10 fois par jour. Heureusement, j’ai une idée de création d’entreprise ! Et cette idée c’est ma sortie de secours, ma fenêtre vers un futur meilleur… Grâce à elle, je continue à avancer jour après jour…

Idée de création d'entreprise

Idée de création d’entreprise

C’est donc en mode bulldozer que je traverse le bilan de compétences, les démarches pour financer un accompagnement de la Boutique de Gestion (BGE) sur le projet, le réseautage, la formation à l’émergence de projet avec Entreprendre Au Féminin Bretagne (EAFB)…

J’ai une idée de création d’entreprise et je veux savoir si je peux en retirer un revenu correct, si le projet est viable. Mais comme je n’y connais rien à la création d’entreprise, je veux être formée et accompagnée. Logique, non ?

Oui, j’ai besoin de comprendre toutes les étapes avant de me lancer, d’avoir un fil conducteur pour voir ma progression vers l’objectif, pour ne rien oublier, pour faire quelque chose de carré…

De RDV en dossiers de financement, je m’active pour mon projet. Certes j’avance sur de nombreux plans, mais pas sur mon projet à proprement parler. Je mets en place les bases pour me transformer en entrepreneure ! Une fois les démarches engagées, je me laisse porter par les différents ateliers et formations. Je me suis établi un programme progressif, il ne reste plus qu’à le suivre !

Mais c’est surtout quand je trouve un partenaire éventuel pour mon activité que je décide de poser un congé création d’entreprise à temps plein. Après plusieurs mois d’échanges, nous sommes toujours sur la même longueur d’ondes et envisageons de travailler ensemble.

J’ai donc 3 mois pour me former et peaufiner mon projet en formation émergence de projet avec EAFB, puis 3 mois de travail avec mon partenaire sans rien gagner, et au bout de 6 mois je facture mes premières ventes. Le scénario me plaît bien !

De l’idée au projet de création d’entreprise : des doutes

 

J’arrête mon mi-temps et le lendemain je démarre la formation de 10 jours à l’émergence de projet d’EAFB. Un jour de formation par semaine en dehors des vacances scolaires, je choisis ce rythme pour travailler chaque module pas à pas. Avec la BGE, j’aurais pu faire un parcours équivalent à temps plein sur 15 jours, mais je ne m’y sens absolument pas prête.

Le premier jour de formation, je fais connaissance avec l’animatrice et avec le groupe de porteuses de projet. Journée riche en rencontres et intense sur le plan humain. Tout se passe à merveilles, excepté le travail à faire sur soi…

Je viens de passer ces derniers mois à faire un bilan de compétences, puis un bilan de compétences entrepreneuriales (imposé par le FONGECIF pour pouvoir faire un Business Plan avec la BGE) et je passe cette journée à travailler encore sur moi ! Eh oui, c’est important de se connaître et de vérifier l’adéquation femme-projet

A ce moment-là, j’en ai assez de travailler sur moi, de chercher quelles compétences sont transférables sur mon projet… Je veux rentrer dans le vif du sujet et savoir enfin si mon projet est viable ! Et je dois encore avoir un plan B, le fameux plan B que j’esquive à chaque bilan. Comment se concentrer sur le plan A s’il faut penser aussi au plan B ?

Chaque journée de formation apporte sont lot de doutes et d’interrogations. Quel temps je vais consacrer à mon projet ? Comment je vais organiser mon temps de travail et mon temps familial ? Quel est mon rapport à l’argent ?…

Puis on rentre dans le vif du sujet, avec l’étude de marché, l’enquête terrain, la communication, la vente… Certes je travaille concrètement sur mon projet, mais mon envie de créer cette activité s’effrite. Tout à coup j’ai envie d’être formatrice-coach, d’écrire des livres pour enfants, d’être prof… tout m’attire sauf mon projet 🙁

Mais quand arrive le plan d’actions, je me recentre et prépare les étapes pour travailler avec le partenaire avec lequel j’envisage une collaboration. En parallèle, je m’inscris à un partenariat avec des étudiants en Master de Comptabilité-Gestion qui recherchent des porteurs de projets à accompagner sur une semaine dédiée à l’entreprenariat.

Sur le terrain : la solitude de l’entrepreneur

 

Allez, dernière ligne droite avant de sauter le pas : je fais une journée d’accompagnement dans l’équipe de mon partenaire. Super accueil, journée agréable et instructive, démonstration commerciale efficace, signature de contrats de vente… Tout semble s’orchestrer merveilleusement bien !

Pourtant sur la route du retour, les questionnements sont nombreux… La vente semble simple mais la relation avec le client tellement superficielle ! Sur place une équipe multi-compétences d’entrepreneurs aguerris très bien implantée localement me fait une démonstration du job mais moi je vais être seule et je suis une débutante… Et je vais faire ça tous les jours ? La routine me fait peur. Et mon intérêt pour l’activité n’est finalement pas au RDV ! Grand moment de solitude…

Alors en prenant un peu de recul, je me dis que c’est normal, j’ai peur, je me trouve des excuses pour ne pas y aller… Je me remotive et je demande plus d’informations sur le contrat pour exercer l’activité.

A la lecture du contrat de licence, je n’en crois pas mes yeux ! Je ne retrouve absolument pas les informations que nous avions échangées oralement. Bon c’est vrai qu’au niveau juridique je n’y connais rien… alors je demande de l’aide.

J’ai un réseau maintenant, je suis accompagnée par des structures reconnues dans la création d’entreprise et pourtant tous se renvoient la balle… Finalement j’obtiens un RDV avec un avocat, puis un 2ème RDV avec un autre avocat. Bon je n’en demandais qu’un mais j’accepte les deux. Avoir 2 avis peut être intéressant.

Confiante, je vais au premier RDV et je me rends compte que mon intuition était bonne, pas besoin d’avoir fait des études juridiques pour voir que le contrat a des failles et ne m’est pas favorable… Au 2ème RDV avec un autre avocat, j’obtiens la même réponse : « Ne signez jamais ça !» et une autre phrase qui résonne toujours en moi :

« Mettez-vous toujours en position de rester libre ! »

C’est vrai l’entreprenariat doit me donner de la liberté, non ? C’est pour cette liberté que je fais tout ça ! Mais alors que s’est-il passé ?

Eh bien, à chaque fois que j’ai rencontré une difficulté, j’ai cherché une solution ! Et de fil en aiguilles, je suis passé de créatrice à candidate à la franchise… Tout ça avec la volonté farouche de trouver comment réaliser mon projet, mais sans me rendre compte que je m’écartais dangereusement du chemin de la liberté !

Mais que je crée l’activité de A à Z ou en passant par la franchise, quelle rentabilité attendre ?

Le Business Plan ou « quand les chiffres déclarent mon projet non viable »

 

En parallèle, je commence mon Business Plan avec la BGE. Quand je parle de mes doutes à ma conseillère, elle me dit que ça ne sert donc à rien de continuer… Mais c’est important pour moi de faire ce Business Plan, ça fait presque un an que je le demande, je ne vais quand même pas m’arrêter si près du but !

Alors je me fais violence et je fais comme si j’étais encore motivée à 200 % par mon projet. Mais quand j’aborde le côté purement financier, les chiffres sont clairs, pas de doute possible, ce n’est pas rentable, point barre ! Je n’étudie que la partie franchise et je n’ai pas le cœur de refaire les calculs pour une création pure. C’est un projet non viable.

Création d'entreprise : projet non viable

Création d’entreprise : projet non viable

Quand j’annonce à ma conseillère qu’étant donné les chiffres, je choisis d’arrêter le projet, elle me répond que d’expérience elle sait très bien que ce type de projet n’est pas rentable mais que je devais m’en rendre compte par moi-même… Si elle me l’avait dit dès le début je n’aurais pas voulu la croire, n’est-ce pas ? Ce n’est pas faux….

Je décide donc de faire le deuil de ce projet et de me tourner vers mon plan B. Mais les étudiants en Master travaillent sur mon projet dans une semaine et je suis sollicitée pour leur faire une présentation et venir à leur soutenance…. Le cœur n’y est pas, mais je remplis mon engagement.

Ils ont travaillé pendant une semaine à 5 sur mon projet, drivés par des professionnels de la création d’entreprise. Et le verdict tombe à nouveau : projet non viable en franchise comme en création pure !

Je crois que j’aurais aimé rester dans le doute sur la faisabilité du projet en création pure… Me dire que ce n’est finalement pas un projet pour moi pour diverses raisons mais que l’idée était bonne et pouvait être rentable… Mais là c’est sans appel, tout cela n’a servi à rien ! A rien vraiment ?

L’échec ou l’apprentissage de la réussite

 

Cette idée d’activité m’a permis de prendre un an de congé, d’apprendre autour de la création d’entreprise, de faire de magnifiques rencontres, de travailler sur moi, de mettre en place une stratégie bien-être… Bref d’oser sortir des sentiers battus ! Et de vérifier la viabilité du projet…

Certes 6 mois à temps plein pour ce résultat, sans compter le temps de préparation du congé création d’entreprise, ça me semble beaucoup ! Normal, dans cette société où tout va vite, je suis une tortue et je me juge parfois sévèrement. Bref, mon égo en a pris un coup

Mais finalement, pendant ces 6 mois, qu’est-ce que j’ai fait qui me sert toujours aujourd’hui et va continuer à me servir dans les mois à venir ? J’ai changé de posture : je suis passé de salarié qui subit à créatrice de mon avenir ! J’ai pris le temps de faire du Qi Gong, de m’intéresser à nouveau au développement personnel, de me former, de faire des rencontres

J’ai fait ce qui est important pour moi ! Parfois je me suis sentie coupable de passer tout ce temps à faire du Qi Gong, des ateliers et formations de développement personnel, des marches dans la nature… Aujourd’hui je sais que tout cela a contribué à mon bien-être actuel.

Tous mes choix n’ont eu qu’un but : vivre pleinement en étant moi-même ! Et la création de ce blog fait partie de la stratégie ! Écrire me permet de ranger le bazar que j’ai dans la tête, de déposer certaines choses. Cette forme d’expression libère autant que la parole et de manière plus posée, plus approfondie.

La « Maman est quête d’équilibre » que je suis, est-elle sur le chemin du bonheur malgré cet échec ? Oui, je le pense sincèrement. Toutes ces actions et ce travail sur moi me donnent aujourd’hui le sentiment de m’améliorer tranquillement, sans tomber dans la caricature ni dans le burn-out ou le bore-out.

J’avais besoin d’aller jusqu’au bout de ce projet, c’est fait. Maintenant, j’en suis libérée, je peux passer à autre chose. Et cet autre chose c’est être prof ! Cette semaine, je passe le CAPES, comme ça sans préparation…. Je me suis inscrite pour avoir un plan B, même s’il me paraissait encore plus irréalisable que le plan A !

Et ce plan B tombe à point nommé ! Cette idée d’être prof est récurrente chez moi, depuis 20 ans à chaque rupture professionnelle et à chaque grossesse, j’y reviens systématiquement. Je me suis déjà inscrite plusieurs fois au CAPES sans jamais franchir le pas. Et cette fois-ci j’y vais parce que c’est peut être ce job qui me convient, je ne le saurai que quand je l’aurai essayé.

J’ai maintenant conscience que tant que je n’aurai pas exploré ce projet il va continuer à revenir vers moi. Alors allons-y, si ça marche tant mieux et sinon je pourrai enfin faire une croix sur cette possibilité et passer à autre chose. J’ai maintenant des plans C et D qui commencent à émerger…

Et vous, avez-vous vécu des expériences similaires ?

 

Écrire pour ce blog est comme une thérapie pour moi ! Prendre le temps de poser mes idées et mes apprentissages ici me donne le sourire et l’envie de continuer à avancer dans ma vie, à la construire pas à pas.

Si vous aussi vous souhaitez partager vos expériences de congé de création d’entreprise, de réussite ou d’apprentissages, je vous invite à le faire dans les commentaires ci-dessous.

Merci ♥♥♥

 

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2 Comments

  1. elodie

    Nouvelle maman, mon congé maternité touche à sa fin et j’ai énormément de mal à envisager la reprise du travail à temps plein. Petite j’ai souffert d’être toujours parmi les dernières à la garderie à attendre que ma mère vienne me chercher, j’aimerais tellement pouvoir être là pour mes enfants.
    J’ai pensé à prendre un congé parental mais je sens bien que je ne ferais que repousser l’échéance, et en plus je perdrais la place en crèche que j’ai la chance d’avoir…

    Penses-tu qu’être auto-entrepeneur ou insitit (ton plan B) libère vraiment plus de temps pour la vie familiale ? As-tu eu ton CAPES finalement ?
    Pour moi aussi l’idée d’être instit revient régulièrement parce que j’ai toujours aimé les enfants, mais à lire certains témoignages les instits font bien plus que 35 ou 40h ! Et pas très bien payées en plus 🙁

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    1. Fifi Brindacier (Post author)

      Merci Elodie pour ton témoignage et félicitations pour ton nouveau rôle de Maman !

      Avoir un enfant est à la fois source d’un grand bonheur et de nombreux questionnements, il est difficile d’être partout à la fois…
      A mon sens, le plus important est de prendre soin de nous pour pouvoir prendre soin de nos enfants. Et là nous avons chacune une réponse différente, enfin je devrais plutôt dire plusieurs réponses différentes… toutes ces petites voix qui nous prennent la tête en nous disant tout et son contraire : ‘le plus important c’est mon enfant, je veux être auprès de lui et rien d’autre’ ; ‘je veux pouvoir offrir à mon enfant le confort et la sécurité financière’ ; ‘je veux assumer ma carrière et ma famille’…

      Aujourd’hui mes dernières expériences me font dire qu’être à son compte semble idéal pour l’organisation familiale, mais à la différence du salariat tu portes ton activité chaque jour, et si les jours de semaine sont plus faciles à gérer, tu n’es jamais vraiment en week-end ou en vacances. Bon c’est juste mon impression et je ne dis pas que c’est une généralité, il y a plusieurs paramètres à prendre en compte. Je suis aussi mal à l’aise face à la précarité que j’ai rencontrée dans l’entreprenariat. Enfin je pense que moi je n’étais pas au clair avec moi-même ni avec l’activité que je voulais mettre en place… J’avais surtout besoin de temps pour comprendre où j’en étais et ce que je voulais (c’est pas encore gagné, mais je suis confiante ;)), et ce congé création d’entreprise me permet de me chercher, et ça je crois vraiment que c’est un grand luxe quel que soit le résultat final ! De la même façon le congé parental m’a donné une autre vision de moi et des possibilités de la vie.

      Pour le CAPES, c’est en cours… je suis admissible (petite fierté bien agréable) et je passe les oraux lundi prochain ! D’ailleurs je ne devrais pas être là, je file réviser 😉

      Pour finir, je voudrais juste te dire que quelle que soit la décision que tu vas prendre, ce sera la bonne parce que compte tenu de ta situation actuelle c’est le meilleur choix que tu puisses faire aujourd’hui. Et demain sera un autre jour, avec d’autres paramètres à prendre en compte, et tu pourras opter pour une nouvelle option. Rien n’est définitif, garde ton libre arbitre et fais tes choix en conscience !

      Prends soin de toi ♥♥♥♥

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