Reprendre le travail après un congé parental d’éducation

le congé parental

Avoir un enfant impacte notre vie professionnelle à minima par une absence plus ou moins longue, et reprendre le travail après un congé parental d’éducation peut être source de stress, de surprises, de déconvenues… Je vous partage dans cet article mes expériences de congé parental et de retour au travail.

Je vous propose de nous pencher sur ce qui nous incite à prendre un congé parental d’éducation avant de faire un point sur ses deux formes : à temps partiel et à plein temps.

Choisir de prendre un congé parental d’éducation

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le congé parental d’éducation

Pour beaucoup de mamans (ou papas, mais je choisis délibérément de traiter le sujet du point de vue féminin), c’est l’envie de profiter au maximum des premiers mois ou premières années de son enfant qui déclenche la prise du congé. Pour d’autres, ça peut être presque une nécessité financière quand la rémunération dégagée permet difficilement de faire face aux dépenses liées à la garde des enfants. Le travail en horaire atypique et les naissances multiples sont également des facteurs déclenchants. Le congé peut être plus ou moins bien vécu qu’il soit souhaité ou contraint, mais aussi selon la modification des ressources financières familiales qu’il engendre.

Quelle que soit la motivation pour prendre un congé parental, le choix du temps partiel ou complet a un réel impact sur notre quotidien. Un temps partiel permet de garder un rythme de « femme active » et un pied dans l’entreprise, alors qu’un congé à temps complet change notre identité sociale nous renvoyant au rôle de « mère au foyer » et nous coupant du lien avec le monde du travail.

Prendre un congé parental d’éducation est un droit sous conditions qu’il s’agisse d’un temps partiel ou d’un temps complet. Je vous renvoie vers le site service-public.fr pour avoir toutes les informations légales et actualisées sur le sujet.

Le congé parental d’éducation à temps partiel

 

Pour mon premier enfant, j’ai pris un congé parental à temps partiel. J’ai négocié mon 80% sur 4 jours pour économiser sur mes trajets (120 km aller-retour en voiture, vive la campagne !) et bénéficier d’un week-end de 3 jours, royal 😉

Il n’a pas été simple de faire passer l’idée dans mon entreprise (demande inhabituelle dans cet univers très masculin). Je me suis retrouvée dans le bureau du Directeur Régional à défendre ma demande (cette seule perspective aurait peut être dû m’arrêter ?). Souvent en déplacements à cette époque, les premières propositions d’aménagements de mon emploi du temps n’étaient pas à mon avantage, et j’ai dû argumenter sur le fait que l’idée n’était pas de gagner moins d’argent tout en continuant à travailler autant … et j’ai obtenu un arrangement satisfaisant !

C’est chouette les week-ends de 3 jours, mais il faut gérer la séparation avec son bébé de 3 mois les 4 autres jours de la semaine ! Alors oui, quand je ne suis pas en déplacement, j’arrive juste à l’heure au travail le matin et je repars juste à l’heure le soir… En plus, sur la journée j’ai besoin d’être super occupée parce qu’être loin de mon bébé ok, mais pas pour attendre que le temps passe !

L’étonnement de ma demande de temps partiel pour la naissance de mon premier enfant à peine passé, mon responsable me regarde donc d’un drôle d’œil … Les collègues aussi d’ailleurs. Je perçois un manque de sincérité dans leur « c’est bien si tu peux te le permettre », une pointe de jalousie peut être ? Alors, le Jeudi soir quand je pars en disant « Bon Week-end !», je me sens presque coupable … mais heureuse !

Mon fils a 9 mois quand je change d’entreprise et passe de 80 % à 200 % … je crois que c’est à cette époque que j’ai enfilé ma cape de Wonder Woman 😉 Je ne l’ai pas quittée à la naissance de ma fille 4 ans ½ plus tard quand je l’ai laissée à la crèche alors qu’elle avait 3 mois ½ pour retourner travailler à temps plein et prendre de nouvelles responsabilités dès la reprise. Avec le recul, je dirais que je suis tombée dans l’engrenage du toujours plus à cette époque (plus de responsabilités et plus de salaire pour moi, plus de jouets et plus de cadeaux pour mes enfants …).

Le congé parental d’éducation à temps complet

 

Grossesse tardive à 41 ans pour mon bébé surprise tant attendu ! Oui je sais, ça peut paraître incohérent comme ça, mais je confirme qu’on peut attendre une surprise, y compris s’il s’agit d’un bébé.

Quand j’annonce ma grossesse à mon directeur d’agence fraîchement nommé, il me demande si je compte prendre un peu de repos après la naissance. Bonne question ! A ce moment-là, je ne sais pas.

Plus ma grossesse avance et plus l’atmosphère se dégrade au travail. Je me demande si les hormones de grossesse me jouent des tours ? Mon supérieur fonctionnel ne cesse de me rassurer. Pourquoi me rassurer s’il n’y a pas lieu de s’inquiéter ? Étrange façon de taire la réorganisation de l’entreprise qui se prépare en coulisses.

Quand j’arrête enfin le travail, je suis épuisée physiquement et mentalement et je ne veux plus entendre parler de mon entreprise. Je décide de préparer le CRPE (Concours de Recrutement des Professeurs des Écoles) toute seule avec mes bouquins et mon gros ventre… Je m’attache à l’idée de devenir professeur des écoles dès la rentrée suivante, je passe le PSC1, l’attestation de natation…

Ma fille naît et quelques jours après son grand frère se fait opérer d’une tumeur. Oublié le CRPE… Pour comprendre un peu mieux le contexte de cette naissance, je vous invite à lire mon article sur l’hospitalisation de mon fils en cliquant ici.

Plusieurs semaines après, alors que je fais des allers-retours quotidiens avec mon bébé à l’hôpital pour voir mon fils, je prends conscience que la fin du congé maternité approche. Mon premier réflexe est d’aller voir la psychologue rencontrée à l’hôpital au moment de l’opération de mon fils. Je lui dis qu’il faut que j’arrête de pleurer parce que je reprends bientôt le travail…

Quand j’apprends que je fais une dépression post-traumatique, je pleure encore plus. Il me faut 3 mois à raison d’une séance de psy par semaine pour accepter l’idée de prendre un congé parental. L’assistante sociale de l’hôpital me l’a pourtant conseillé quand mon fils est entré en rééducation et que j’ai rempli le premier dossier MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Mais dans ma tête, le congé parental sert à s’occuper d’un bébé, point. Et moi je pleure tout le temps, je passe ma vie à l’hôpital dans l’espoir de voir mon fils retrouver toutes ses fonctions vitales. Bien sûr mon bébé est toujours avec moi, je l’allaite et c’est devenu notre rayon de soleil.

Finalement, je demande un congé parental de 7 mois à temps complet. Et je commence à aller mieux. Pourquoi ? Mon fils est toujours à l’hôpital et plus le temps passe, plus le potentiel de récupération s’amenuise. Peut être qu’avec ce congé parental je commence mon deuil de ma vie d’avant (avant mon 3ème enfant, avant la maladie de mon fils, avant la perte de mon poste) ?

Je renouvelle 2 fois mon congé parental pour aller jusqu’aux 3 ans de ma fille. Autant la première demande a été difficile, autant les renouvellements sont évidents. Je sais maintenant où est ma place : auprès de mes enfants. Mon fils veut (re)marcher avant sa petite sœur et il réussit. J’accompagne mes 3 enfants au quotidien et c’est le plus beau cadeau pour la maman que je suis.

Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin comme on dit ….

Retour au travail après un congé parental d’éducation

 

Quand je fais ma dernière demande de renouvellement de congé parental, je me fixe une date pour reprendre contact avec mon entreprise en vue d’y être réintégrée. Vous vous demandez sûrement pourquoi je veux retourner dans cette entreprise alors qu’à une époque mon objectif était de ne jamais y remettre les pieds. Plusieurs raisons m’y poussent :

Pendant mon congé parental, je me suis totalement impliquée dans l’accompagnement de mon fils de plusieurs façons :

  • en étant présente à ses côtés,
  • en cherchant des solutions différentes quand il est dans une phase plateau pour redonner de l’impulsion à sa rééducation,
  • en remplissant les tonnes de dossiers administratifs nécessaires pour mettre en place une aide financière, un accompagnement scolaire, un transport adapté…
  • en le soutenant dans sa reprise d’études…

Toutes ces actions me redonnent confiance en moi : j’ai toujours une capacité de travail, de recherche, de la persévérance, un questionnement y compris pour des questions médicales qui ne m’intéressent que parce qu’il s’agit de mon fils… Bref, j’ai l’impression que je pourrais faire n’importe quel travail.

D’ailleurs, pendant cette période de congé parental, je m’intéresse aussi à tout ce qui se passe dans ma campagne et un peu plus loin pour faire avec mes filles des sorties de qualité et des activités enrichissantes. Je me rends compte qu’il y a un potentiel que je n’imaginais pas autour de chez moi. Attirée par tout ce qui touche aux enfants, je rentre en contact avec une entreprise qui recense les sorties pour enfants et qui cherche à se développer sur mon département.

L’idée me plaît, je fais une étude de marché et travaille sur le sujet, je découvre le concept de la franchise. A part travailler dans le secteur privé et envisager de devenir fonctionnaire dans l’éducation nationale, je n’ai jusqu’à présent jamais pensé à créer mon activité. Je suis pleine de croyances du type « il faut travailler dur pour gagner sa vie », « toute peine mérite salaire » … alors gagner de l’argent en faisant un travail agréable me séduit particulièrement 😉

Et pourtant je ne me donne pas complètement pour avoir le job et il me passe sous le nez. Pourquoi ? Je ne suis pas prête à lâcher mes enfants même pour un travail qui me permettrait d’être libre d’organiser mon temps. Ce n’est donc pas le moment ?

Et si j’avais tout simplement besoin de temps ? Besoin d’accompagner mes enfants jusqu’au moment où je sentirai que je peux prendre une autre place dans la société que celle exclusive de maman ? Besoin de lâcher prise et d’arrêter de courir plusieurs objectifs à la fois pour m’y perdre tout en me sentant vivante parce que je suis active, toujours dans le faire pour ne jamais m’écouter et m’autoriser à être ?

Chercher une autre activité salariée ? Je regarde – sans chercher activement – ce qui pourrait m’intéresser. Aucune envie de m’investir pleinement, je sais que je ferai passer mes enfants avant le travail.

Je finis par conclure que tant qu’à reprendre un travail salarié, autant reprendre dans mon entreprise puisque de droit je dois retrouver une activité équivalente à celle que j’exerçais avant mon congé parental et au même salaire. En plus, ils connaissent mon histoire …

La reprise à mi-temps pour création d’entreprise

 

4 mois avant la fin de mon congé parental, je contacte mon responsable d’agence avec 2 objectifs :

  1. Connaître l’évolution de l’entreprise pendant mes années d’absence et son actualité (j’ai déjà des informations par mes collègues qui confirment ce que je pressentais – rien à voir donc avec les hormones de grossesse !)
  2. Savoir ce qui est prévu pour mon retour

L’entreprise a continué à se réorganiser et poursuit toujours ses objectifs dans ce sens. Mon poste a été régionalisé (pour ne pas dire supprimé). Et non il n’y a rien de prévu pour mon retour, l’entreprise attend de connaître mes disponibilités !

Aussitôt je mets un pied dans le piège ou me saisis de l’opportunité – tout dépend comme on veut voir les choses 😉

Moi : Si je ne suis pas attendue, est-il envisageable que je revienne progressivement ?

Mon boss : Oui à 80 % ?

Moi : A 80 %… ou moins, il faut que j’étudie le sujet, ce n’est pas ce que j’avais envisagé jusque là…

C’est vite vu, l’entreprise n’a pas besoin de moi, mes enfants ont besoin de moi et moi d’eux. Je demande à reprendre à 50 % sur 3 jours par semaine à l’exclusion du mercredi avec une pause déjeuner réduite, et ce pour 2 ans.

Et là, les ennuis commencent …. A mi-temps, on ne peut me proposer qu’un poste administratif. Sur 4 jours par semaine. Avec une pause déjeuner de 2 heures. Ma prime annuelle contractuelle n’est pas maintenue, le poste ne s’y prête pas. Sur l’avenant au contrat, pas de durée, ce sera à voir ensemble le jour où j’envisagerai d’augmenter mon temps de travail.

Et comme je ne suis pas d’accord, la Responsable des Ressources (In)Humaines me fait du chantage aux congés qui ne peuvent m’être accordés sur toute la période demandée (en pleines vacances scolaires d’été, imaginez comme je suis ravie !). Pour couronner le tout et montrer sa bonne foi, la RRH veut me payer les congés acceptés à 50 % (alors qu’ils ont été acquis sur une période de travail à temps plein) puisque je passe à mi-temps… Si je ne suis pas d’accord, on peut bien sûr envisager un départ !

Vite, service-public.fr à la rescousse ! Il existe un congé légal, appelé « congé création d’entreprise » d’un an renouvelable une fois qui peut être pris à temps partiel ou à temps plein.

Je prépare ma lettre et leur explique par mail mon choix compte tenu de la situation. C’est un congé régit par le droit du travail, l’entreprise accepte. Je réintègre donc l’entreprise à mi-temps sur 4 jours pour un an avec la moitié de mon ancien salaire, mais sans prime et à un poste absolument pas similaire à mon ancien poste.

Mon année à mi-temps

 

La reprise à mi-temps sur 4 jours me permet de déposer ma fille à l’école le matin et de la reprendre à la fin de la journée d’école. En petite section, aller en classe le matin seulement et éviter la cantine me paraît plus adapté à l’âge des enfants. C’est ce qu’on avait mis en place pour ma fille aînée que l’assistante maternelle récupérait à l’école à midi. Cette fois ce n’est pas possible, cette solution me convient malgré tout.

Les 3 premiers mois, toute la famille prend le nouveau rythme et on s’en sort plutôt bien. Sauf quand arrive le premier gros rhume avec fièvre… Sans solution de garde (la famille la plus proche est à 2 H de route), je préviens l’entreprise que je vais être absente. S’en suit un agacement de mon responsable…

Du coup, je me fixe l’objectif de ne pas poser de jour de congé pour cette absence (de toute façon je n’en ai plus !). Certes j’ai le droit à des jours de congés pour enfant malade mais ils ne sont pas rémunérés dans mon entreprise. Et je demande donc à travailler un peu plus chaque jour pour rattraper les heures de ma journée d’absence. Demande acceptée 😉

Je retire de cette expérience qu’il faut oser demander. Et je remets cela en pratique quelques semaines plus tard pour pouvoir accompagner mon fils à tous ses examens médicaux de suivi (IRM, Radio, Neurochirurgien …). Me voilà libre de mes horaires pendant un mois ½ à condition de prévenir de mes absences, de faire le volume d’heures attendu et de ne pas empêcher la bonne marche du service.

Du coup, je commence à prendre des RDV sur mon temps de travail habituel pour être accompagnée dans mon projet de création d’activité. Mon responsable accepte de prolonger ma période de temps de travail aménagé puisque ça sert son objectif (me voir quitter l’entreprise par moi-même). Résultat : pendant 8 mois j’organise mon temps de travail et ça c’est une véritable motivation pour me mettre à mon compte dès que possible !

Mes collègues

 

Côté collègues de travail, c’est le choc : ils sont tous stressés par la peur de perdre leur emploi, par la pression exercée par la direction ; l’ambiance est déplorable, les burn-out sont monnaie courante…

Malgré leur inquiétude, ils se disent contents d’avoir un travail… Moi je ne veux surtout pas devenir comme eux ! Je supporte le quotidien au travail uniquement parce que mon mental est déjà tourné vers autre chose, même si j’ai l’impression de mourir 10 fois par jour 😉 En revenant dans l’entreprise, je valide le fait que je n’ai plus rien à y faire, je peux commencer mon deuil.

Je vais donc au travail avec le sourire, je suis une des seules dans ce cas … Les remarques de mes collègues sont déconcertantes :

C’est pas trop difficile de ne pas avoir retrouvé ton poste ?

Tu préfères ce que tu fais maintenant ou ce que tu faisais avant ?

Tu sais moi aussi si on me proposait un poste sans responsabilités aujourd’hui je l’accepterais

Tas pas trouvé autre chose ?

Un vrai bonheur …

Et vous, comment avez-vous vécu votre congé parental, le retour dans l’entreprise ?

 

Si vous souhaitez réagir à mon histoire ou partager la vôtre, je vous invite à le faire dans les commentaires ci-dessous en toute bienveillance. Merci et au plaisir de vous lire

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2 Comments

  1. dhim

    Wouah, sacré parcours et sacre cheminement personnel.
    !je vous dis bravo pour avoir affronter les regards des autres et surtout d’avoir fait tomber les barrières psychologiques : non ! l’argent ne fait pas le bonheur.
    bonne continuation.

    Reply
    1. Fifi Brindacier (Post author)

      Bonjour et merci pour votre message !

      Affronter le regard des autres permet de vivre pour soi et non pour (ou contre) les autres… Et même si je suis toujours sensible à ce que les autres me renvoient, maintenant j’essaie de ne pas les laisser alimenter les petites voix qui tournent en boucle dans ma tête et qui disent tout et son contraire. La seule façon que j’ai trouvé (pour l’instant) de le faire, c’est de réagir sur l’instant et de clôturer « l’incident » au plus vite sans blesser qui que ce soit et surtout en prenant soin de moi. Alors quand les paroles des autres me gênent, j’essaie de simplement leur dire « tu as le droit de penser comme ça » … « et moi j’ai le droit de penser autrement »… Et ces deux petites phrases sont magiques ! Aussitôt je me sens bien, fière d’avoir pris soin de moi !

      Bon c’est facile à dire, mais dans certaines circonstances c’est difficile à mettre en pratique même si c’est salutaire ! Cette année en tant que stagiaire à l’Éducation Nationale, je vais être titularisée seulement si j’ai les avis favorables de 3 personnes… Et il y a une de ces 3 personnes qui ne cesse (maladroitement sans doute) de me faire des commentaires (auxquels je n’adhère pas) avec son aplomb de « petit supérieur qui a mon avenir entre les mains » et là j’avoue que je viens de traverser une période très difficile sans oser réagir à ses propos et je l’ai mal vécu… Donc pour prendre soin de moi, même si je n’ai pas pour l’instant utilisé mes deux petites phrases magiques, je réponds calmement en donnant mon avis froidement (comme si je donnais juste mon point de vue sur une situation qui ne me touche pas directement). Et ce recul me fais déjà mieux vivre ces remarques qui partent sans doute d’une bonne intention certes, mais qui ne génèrent rien de bon !

      Bonne continuation et bonne lecture sur le blog !

      Reply

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