Se faire plaisir…oui, mais comment ?

Se faire plaisir est pour certains un leitmotiv qui rend les choix si faciles qu’il leur est presque impensable de se poser la question « Comment me faire plaisir ?» ou plutôt « De quel plaisir ai-je besoin, là maintenant, pour continuer à avancer ?». Et pour d’autres, se faire plaisir, n’est pas envisageable, dévoués corps et âmes à leur conjoint, à leurs enfants, à leur travail, à leurs amis ; ils s’oublient…

C’est ce qui m’est arrivé pendant des années… Et aujourd’hui je retrouve les petits et grands plaisirs de la vie, merci, merci, merci ♥♥♥ Je viens de découvrir dans un atelier « Gestion du stress » que dans les plaisirs aussi, on peut trouver un équilibre ! C’est ce qui m’a donné envie d’écrire cet article et de partager avec vous mon chemin vers l’équilibre des plaisirs 😉

Comment passer de « Fais plaisir » à « Fais-toi plaisir » ?

Nous sommes conditionnés par les injonctions reçues dans notre enfance qui créent des automatismes dans nos pensées et nos comportements. C’est très pratique d’ailleurs d’avoir des automatismes.

Rappelez-vous quand vous avez appris à conduire. Une séance de conduite était épuisante, il fallait penser aux rétros, aux pédales, à l’embrayage, aux panneaux, à l’environnement immédiat… et dans ce contexte aucun droit à l’erreur, il en va de la sécurité de chacun. Aujourd’hui, avec les automatismes que nous avons mis en place, la conduite demande beaucoup moins d’efforts !

Ces messages contraignants qui ont participé à notre construction apportent du positif et du négatif. Regardons de plus près, l’injonction « Fais plaisir », qui peut se traduire par d’autres petites phrases du type : « Encore une cuillère pour Mamie », « s’il te plaît, pour me faire plaisir », « ça, ce n’est pas très gentil »…

Le point positif de ce message contraignant, c’est qu’il forge des personnes conciliantes, flexibles, très appréciées dans le travail de groupe. Et le côté négatif, me direz-vous ? L’oubli de soi ! A tant en faire pour les autres, on oublie de demander pour soi, de dire non, de fixer des limites prenant ainsi le risque de se sentir frustré et insatisfait.

Quand on s’oublie pendant trop longtemps, à un moment, on est vide, on a tout donné et donc on n’a plus rien à donner. Malaise dans l’entourage ! Au travail, ça peut être résumé par « elle n’est plus impliquée », et aussitôt on lui retire ses dossiers importants. Pour une personne qui vit au travers des autres et a un besoin énorme de reconnaissance, je vous laisse imaginer les conséquences….

A la maison, incompréhension générale : Maman a dit NON, elle l’a répété plusieurs fois, crié même… alors qu’on ne lui avait rien demandé (puisqu’elle dit toujours oui d’habitude, on ne lui demande même plus vu qu’on connaît déjà la réponse) ! Quand on dit toujours OUI, notre OUI n’a plus de valeur pour les autres.

Les personnes qui ont pendant toute leur enfance reçu ce message « Fais plaisir » sont tellement occupées à répondre aux besoins des autres, voire même à les précéder, qu’elles oublient de se faire plaisir. Et avec la famille qui s’agrandit, le problème s’intensifie. C’est un peu mon histoire, mais heureusement la vie est faite de cycles…

Mon premier plaisir retrouvé

Je ne dirais pas de mon congé parental qu’il ne m’a procuré aucun plaisir, j’ai passé d’excellents moments avec mes enfants et pour rien au monde je ne changerai quoi que ce soit là-dedans. Et pourtant, aussitôt ma petite dernière de 3 ans mise à la halte garderie dans l’optique de la préparer à l’école (ou plutôt de préparer notre séparation), j’ai été attirée aimantée par la mer.

Les plaisirs de la mer

Les plaisirs de la mer

Me baigner, rester aussi longtemps que je le voulais dans l’eau ; nager, marcher, courir dans la mer ; apprécier le paysage, le cri des mouettes, l’air marin, le massage de l’eau… prendre mon temps pour me rhabiller, m’asseoir et continuer d’admirer le paysage alors que la chaleur de l’après bain m’envahit (je me baigne dans la Manche, c’est rarement chaud quand on y met le gros orteil, alors pour le reste du corps…) 😉

Pourtant j’allais à la mer avec ma fille et ça me faisait un bien fou, je m’y ressourçais… partiellement ! Avec un enfant de moins de 3 ans à la mer, c’est forcément lui qu’on regarde tout le temps, lui qu’on entend, à son rythme qu’on rentre et sort de l’eau… Avec du recul, je crois que j’avais renoncé à beaucoup de plaisirs du fait d’être en 24H/24 et 7J/7 avec ma petite dernière. Mais à aucun moment bien sûr, il n’avait pour moi été question de renoncement, et pourtant…

Alors oui, pour pouvoir continuer à faire plaisir aux autres, il faut prendre soin de soi et s’offrir suffisamment de plaisirs. L’image la plus marquante pour une maman, c’est sans doute les consignes de sécurité dans l’avion : « mettez votre propre masque à oxygène avant de mettre ceux de vos enfants ». Oui, il faut être vivant pour pouvoir prendre soin des autres.

Quand on a été programmé pour faire plaisir aux autres, on a tout un travail à faire pour être à l’aise avec l’idée de se faire plaisir et d’exprimer ses propres besoins. Non, on n’est pas responsable du bonheur des autres et non, on ne rendra pas heureux l’autre malgré lui. En revanche, notre propre bonheur est de notre unique responsabilité.

Partant du principe que l’on devient ce que l’on fait le plus…, il ne reste plus qu’à se faire plaisir, encore et encore. Bref, pour être à l’aise avec le fait de se faire plaisir, c’est comme pour tout, il n’y a qu’une chose à faire : pratiquer !

Plaisir et douleur, les leviers de l’action

Dans le monde entier, chacun de nous cherche à être plus heureux et à éviter la souffrance. Le cerveau humain fonctionne au plaisir et à la douleur. Tout le monde ne réagit pas de la même façon, mais il existe différents profils de personnalités, certains régis plus par la douleur et d’autres plus par le plaisir.

A cela s’ajoute le facteur temps : certains sont dans le plaisir immédiat, d’autres dans la plaisir du résultat qu’apportera un comportement sur le moyen ou long terme. De la même façon, la douleur immédiate fait réagir, tout comme la perspective de la douleur à plus long terme.

Autrement dit, quand certains d’entre nous succombent au plaisir immédiat du chocolat, d’autres sont plus sensibles à conserver ou viser un corps idéal, c’est alors le plaisir du résultat qui les anime.

Si je devais aujourd’hui évaluer la part de plaisir et de douleur (avec leur impact temporel) de ma décision de prendre un congé création d’entreprise, je dirais que :

  • Je cherche à éviter la douleur quotidienne de ne pas me sentir à ma place dans mon job, de devoir faire des choses qui n’ont pas de sens pour moi, de passer autant de temps dans un environnement qui heurte mes valeurs (douleur immédiate)
  • Je veux aussi éviter la douleur du résultat de ce quotidien difficile à vivre qui peut se solder par une sorte d’épuisement, voire une dépression (douleur du résultat)
  • En « sacrifiant la rentrée d’argent mensuelle » pour prendre le temps de trouver l’activité rémunératrice qui me convient, je renonce à des plaisirs immédiats que m’apporterait cet argent en termes d’achats de confort par exemple (douleur immédiate)
  • Je me donne la possibilité sur le long terme d’avoir une activité qui me permette de m’épanouir et je m’inscris ainsi dans une démarche de plaisir durable à plus long terme (plaisir du résultat)
  • Le temps libéré me permet d’accéder à des plaisirs tels que faire du Qi Gong en journée quand mes enfants sont à l’école, participer à des formations et ateliers liés à la création d’entreprise, travailler sur moi et apprendre à me connaître pour mieux vivre, chercher et mettre en place des outils de développement personnel… (plaisirs immédiats)

Visiblement cette décision est liée à l’évitement de la douleur et à la recherche du plaisir. Je pense qu’inconsciemment j’ai senti que j’étais dans la résistance depuis trop longtemps et que je devais impérativement me ressourcer.

Les différents types de plaisirs

Non le plaisir n’est pas lié qu’à la gourmandise, ou à tout autre soi-disant vilain défaut !

Les plaisirs sont de 4 ordres :

  • Les physio-plaisirs sont relatifs au corps et font appel aux sensations corporelles, par exemple : se nourrir, se faire masser, prendre le soleil, faire l’amour…

Les bains de mer ont été l’un de mes premiers physio-plaisirs retrouvés. Depuis quelques semaines, j’ai aussi le luxe de pouvoir manger seule chez moi le midi plusieurs fois par semaine et donc de choisir ce que je mange pour me faire plaisir et de le savourer sans avoir à supporter les « j’aime pas »… qui me gâchent le plaisir 😉 Un vrai bonheur ! J’ai aussi commencé le Qi Gong qui me procure beaucoup de plaisir et de bien-être par les sensations corporelles et par l’énergie qui circule.

  • Les socio-plaisirs sont tirés du relationnel et du partage, par exemple : partager un repas entre copains, faire de nouvelles connaissances, rire ensemble…

Pendant mes études, le groupe d’amis était essentiel pour moi ; et puis avec le temps et la distance, la vie de couple et de famille a pris toute la place. Les amis sont devenus des amis de proximité connus par le biais de nos enfants, du travail…Aujourd’hui, je suis devenue accro aux ateliers et formations de création d’entreprise, surtout quand on se retrouve uniquement entre femmes. J’y rencontre des gens très différents et tous inspirants qui, pour certains, ont des chemins de vie tout cabossés et cherchent des solutions pour que leur vie professionnelle soit enfin « sur-mesure ».

  • Les psycho-plaisirs sont liés à l’intellect et à la réalisation, par exemple : peindre, lire un livre, participer à une formation…

Pendant certaines périodes de ma vie, même la lecture n’était plus possible pour moi. Quand ma vie était vidée de sens (oui, ça peut arriver même quand on a des enfants, je ne pensais pas que c’était possible avant d’y être confrontée), j’étais en permanence comme un lapin pris dans les phares d’une voiture juste avant de se faire écrasé.

Quand on est tétanisé par la peur, notre cerveau n’est plus capable de penser « plaisir » ; même les options qui s’imposent à lui habituellement (fuir ou combattre) semblent impossibles et subir passivement semble être le seul choix.

  • Les idéo-plaisirs regroupent tout ce qui est en rapport avec le développement personnel et la spiritualité, par exemple vivre selon ses valeurs.

En prenant un congé création d’entreprise, je veux sortir de l’inconfort ressenti à passer mes journées de travail dans un environnement qui heurte profondément mes valeurs. En même temps, je me cherche et je tente de construire une activité professionnelle qui corresponde à mes valeurs et me permette de m’épanouir.

Pour nous sentir bien, nous avons besoin de plaisirs dans chacune de ces catégories. Mais comment atteindre cet équilibre des plaisirs ? En exploitant nos talents naturels au quotidien ? Certes, l’idée n’est pas nouvelle :

« Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie » CONFUCIUS

Et vous, quels sont vos plaisirs, réussissez-vous à les équilibrer ?

Je suis ravie d’avoir pris le temps de faire le point sur mes plaisirs et d’avoir partagé mes expériences dans cet article. Convaincue que cette réflexion va m’aider à poser mes limites plus clairement et à continuer à me nourrir de plaisirs pour être présente pour mes enfants et les aider dans leurs chemins vers l’autonomie heureuse.

Au plaisir de vous lire dans les commentaires ci-dessous 😉

 

 

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