Quand un vieux rêve devient réalité ou comment je suis devenue prof

Avez-vous un vieux rêve que vous n’osez pas explorer et que vous préférez garder bien au chaud pour les jours de spleen sous la couette ? Ce genre de rêve qui nous fait du bien quand la réalité du quotidien nous malmène. Ce rêve-refuge que nous aimons retrouver après une trop longue journée quand nous n’avons plus l’énergie de nous échapper par la lecture…

Ce rêve, c’est un peu le prince charmant auquel on pense en s’endormant, il nous fait du bien, le retrouver nous apaise. Mais il nous semble aussi irréalisable, alors pourquoi risquer de le perdre en passant à l’action ? Que va-t-il nous rester le jour où nous réaliserons qu’il ne peut se concrétiser ? Pourquoi se forcer à ouvrir les yeux et renoncer à l’inatteignable ?

Et si c’était tout simplement possible de réaliser un vieux rêve ? En sortant de notre zone de confort, juste un peu, pas trop, inutile de se mettre en échec. L’idée c’est d’explorer petit à petit les transformations que suppose la réalisation de ce rêve. Découper ce grand rêve en petits rêves-objectifs et passer à l’action par étapes. A chaque étape réalisée ou non, l’objectif peut être redéfini.

Dans cet article je partage mon vieux rêve professionnel en passe de devenir réalité, les étapes parcourues et ce qui m’a aidée à avancer.

Pourquoi garder son vieux rêve et ainsi renoncer à l’objectif qui lui est rattaché ?

 

Mon grand rêve professionnel est le rêve d’un idéal de vie… Pour la « Maman en quête d’équilibre » que je suis, avoir un métier qui permette d’apprendre tous les jours, de partager, de transmettre en recherchant des solutions créatives et adaptées, d’être utile… c’est le rêve ! En plus, si cela permet un équilibre entre les temps professionnels et familiaux, je suis comblée !

Mais alors pourquoi ce rêve n’a-t-il pas été exploré plus tôt ? Pourquoi attendre si longtemps pour juste devenir prof ? C’est une longue histoire… une histoire de choix ou plutôt de non-choix, d’opportunités saisies qui m’ont éloignée de moi-même, d’évolutions professionnelles dans lesquelles je me suis perdue…

Devenir prof un vieux rêve

Devenir prof : un vieux rêve !

Une histoire de choix

Il y a des moments dans la vie où nous pouvons être tentés de regretter certains choix « de facilité » faits plus tôt dans notre parcours professionnel… Le bac en poche, j’ai choisi d’étudier les langues à l’université en cursus LEA anglais espagnol. Les représentations étaient fortes pour la jeune fille élevée dans un petit village de campagne que j’étais : le voyage et la découverte, l’ouverture au monde et à ses différentes cultures et richesses, la communication, le partage, la curiosité, l’infinitude de possibilités

Etudiante ERASMUS en Espagne, assistante de français en Angleterre, je saisissais toutes les occasions pour vivre à l’étranger tout en continuant mes études. Mon projet professionnel était clair : être étudiante à vie et assouvir ma soif d’apprendre et de découvrir ! Après ma maîtrise, je voulais continuer mes études dans le tourisme, l’enseignement, le transport, les affaires et le commerce ? La palette était large et j’ai finalement choisi de me « spécialiser » dans le transport que je ne pouvais imaginer qu’international ! Enfin, c’est plutôt l’école qui m’a choisie, j’ai juste validé la première réponse positive que je recevais sans même attendre les autres….

Mes débuts professionnels comme formatrice étaient prometteurs : j’apprenais puis je rédigeais des documents utilisateurs (en français et en espagnol) pour aller ensuite former les équipes en France, en Espagne, en Belgique. Puis j’ai « évolué » vers des postes à responsabilités, je continuais à apprendre mais tout se passait en France et en français… Jusqu’au jour où, de réorganisations d’entreprise en changements familiaux, je me suis retrouvée « coincée » dans un bureau à faire de la gestion administrative …Résultat de recherche d'images pour "emoticone"

Je m'ennuie !

Je m’ennuie !

Mon vieux rêve : devenir professeur de langues

Pendant 20 ans je me suis dit : un jour je serai prof de langues ! Mais à chaque fois que j’ai entamé des actions dans ce sens, mes plans ont été perturbés…Enceinte de mon fils aîné, je me suis inscrite au CNED pour préparer le concours. Autant vous dire que ce qui se passait dans mon corps était bien plus intéressant que mes cours, au moment des épreuves j’étais en fin de grossesse et je n’y suis pas allée…

Deux ans plus tard, alors que je me séparais de mon entreprise (ou elle de moi, tout dépend comme je me raconte l’histoire ;)), j’avais la ferme intention de mettre à profit la période de chômage pour réussir le CAPES qui me permettrait d’enseigner. En pleine négociation de départ, un ancien employeur m’a fait une proposition à laquelle je n’ai pas résisté…

Pendant ma dernière grossesse, les changements qui se profilaient dans mon entreprise et la naissance à venir m’ont encore fait passer à l’action. Mais cette fois pour des raisons géographiques de stabilité familiale, je me suis inscrite au CRPE pour devenir professeur des écoles et non pour enseigner les langues (le concours est académique et non national comme pour le CAPES). En révisant, je me suis rendue compte que ça ne m’intéressait absolument pas de refaire des maths… Même si le métier d’instit m’attirait, le chemin n’était visiblement pas plaisant pour y arriver, ce n’était donc pas pour moi !

Le jour où j’ai su que ce vieux rêve ne me lâcherait pas

Après mon congé parental, j’ai fait un bilan de compétences. Je conseille vivement d’en faire un dès que des envies de changement professionnel imprécises ou des insatisfactions liées au travail apparaissent. Pourtant j’ai été déçue par mon propre bilan de compétences qui me laissait sur ma faim. Avec du recul je pense que c’était une étape nécessaire, qui ne fait certes pas tout (dans mon cas), mais qui a le mérite de nous confronter à nous-mêmes et de nous mettre sur le chemin de la découverte et de la connaissance de nous-mêmes.

Il est ressorti de ce bilan que ce qui me pousse à aller travailler c’est l’autonomie. Là-dessus c’est très clair, en reprenant mon parcours professionnel, je me rends compte que j’ai changé d’emploi à chaque fois que mon autonomie a été menacée. L’autre élément que le bilan a mis en avant, c’est mon profil « social » voire « social-artistique », « social-entreprenant » ou « social-investigateur » selon les variantes des tests. Oui, j’ai fait plusieurs tests du même type, j’avais besoin de vérifier la cohérence des résultats 😉 !

Et dans les emplois qui me correspondaient, il y avait l’enseignement (très précisément « professeur de langues » dans l’un des tests). Devenir formateur pour adultes m’intéressait, c’était mon premier métier et j’en gardais un très bon souvenir, mais je ne voyais pas sur quelle thématique former. Quant à être prof de langues, j’avais peur de me bercer d’illusions, plus de 20 ans après avoir arrêter les études… J’en ai pourtant parlé à ma conseillère qui (par manque de tact) m’a incitée à lâcher le projet en me demandant pleine de compassion « Votre niveau aujourd’hui est-il suffisant ? » J’étais bien incapable de répondre à cette question…

Alors je me suis focalisée sur la création de mon activité, puisque de toutes façons beaucoup de métiers m’intéressaient à priori, mais visiblement pas assez pour me mettre en action…. Bref, je n’arrivais pas à faire de choix. J’ai donc fait un bilan de compétence sur un plan A uniquement, aucun mot sur mon plan B dans le document final. Pourtant dans ma tête, le seul plan B envisageable était de devenir prof de langues !

Et puis un jour tout nous pousse à l’action…

 

Quand j’ai fait le choix de créer ma propre activité, je voulais être accompagnée et formée. Toujours cette envie d’apprendre et d’explorer ! Oui mais pas seulement, être entrepreneur pour être entrepreneur ne m’intéressait pas. Je voulais vérifier que mon projet était viable et me correspondait.

Avant de faire mon Business Plan, je suis passée par la case « Bilan de compétences entrepreneuriales ». Cela ne me plaisait pas beaucoup mais c’était une étape préconisée par mon conseiller en évolution professionnelle… Me voilà donc face à un nouveau conseiller à me raconter encore une fois. Parfois choquée par ses questions-affirmations : « Quand vous vouliez être prof c’était juste pour les vacances ?! » : « NOOOOOONNNNN ! ». Et toujours le même discours : il est indispensable d’avoir un plan B !

Puis j’ai démarré la formation pour passer de l’idée au projet de création d’activité, et dès la première journée je me suis sentie très mal à l’aise… Encore une journée à travailler sur moi et non sur mon projet, et ce fameux plan B qui revient comme une impérieuse nécessité au cas où… Et moi qui suis incapable de formuler le moindre plan B et qui cherche à justifier le fait en demandant « Comment s’impliquer à 100 % dans notre plan A s’il faut préparer un plan B ? »

Mon plan B : m’inscrire au CAPES 3ème voie

Un jour où j’étais particulièrement désabusée, obnubilée par la nécessité de choisir un plan B (ou plutôt d’oser l’exprimer car le choix était déjà fait depuis longtemps inconsciemment), je reçois un mail de l’Éducation Nationale… Eh oui, depuis quelques années, l’Éducation Nationale m’écrit pour me rappeler les dates de concours par exemple… Je l’y ai surement autorisée d’ailleurs, au moment de la Refondation de l’école peut-être ?

Et je vois là une opportunité de me « débarrasser » de ce plan B une fois pour toutes ! Pour avoir la conscience tranquille et pouvoir travailler sereinement sur ma création d’activité, je vais m’inscrire au CAPES ! Ce sera mon plan B (qui me semble encore plus tiré par les cheveux que mon plan A 😉), inutile d’en parler autour de moi, je vais juste faire mon inscription et la question sera réglée !

Pas si simple en fait, il faut encore faire des choix : anglais ou espagnol ? Je choisis le CAPES d’espagnol en me disant que si je l’ai, un jour je passerai le CAPES d’anglais… Une partie de moi a visiblement envie de faire de l’anglais, c’est donc un bon compromis ! Ensuite il faut choisir le concours, à priori je peux passer le CAPES externe : j’ai eu ma Maîtrise (équivalent M1) il y a 24 ans !!! Avec mes 3 enfants, je suis aussi dispensée de diplôme…

Et puis je me rends compte qu’il existe un CAPES 3ème voie aussi appelé le CAPES 3ème concours accessible aux salariés pouvant justifier d’au moins 5 années d’activité dans le secteur privé. Ce concours permet de « récupérer » de l’ancienneté et donc d’être payé un peu plus. Mais surtout, il n’y a qu’une épreuve écrite pour être admissible. Pour le CAPES 3ème voie d’espagnol, c’est une épreuve de traduction. Et là, j’ai réalisé qu’il était possible de passer le CAPES sans passer des siècles à réviser des œuvres… Il ne m’en fallait pas plus pour aller jusqu’au bout de mon inscription 😉

Vaincre les résistances

Je pensais que cette inscription me tranquilliserait, eh bien non ! Au contraire, mon cerveau s’est emballé, il fallait que je sache si avec mon parcours, il était possible d’avoir le CAPES et aussi si enseigner allait me plaire. Peut-être qu’au même moment je me rendais compte que la création d’activité que j’envisageais ne répondait pas vraiment à mes attentes… J’admirais toutes les personnes qui animaient les formations et les ateliers auxquels je participais, et ça me troublait… Peut-être que ça me ramenait à mes débuts en tant que formatrice, à cette époque où mon travail m’absorbait, me faisait vivre des moments de « flow » ?

Alors je me suis demandé comment tester l’enseignement sans m’engager vraiment, juste pour voir si ce métier me convenait. Certes j’ai été assistante de français dans un collège en Angleterre donc je vois un peu de quoi il s’agit, mais ça fait tellement longtemps ! Du coup je me suis inscrite comme vacataire dans mon académie. Après avoir essuyé un refus à la seule lecture de mon CV, je me suis fendue d’une lettre de motivation qui m’a permis d’avoir un RDV téléphonique avec un chargé de mission à l’inspection académique d’espagnol.

Et enfin quelqu’un me disait que oui, c’était possible d’obtenir le CAPES avec mon parcours ! Mais en même temps il appuyait sur ce que je savais déjà : le concours était très exigeant et demandait un énorme investissement personnel pour réussir et il ne fallait pas hésiter à le passer plusieurs fois… Bon en fait, tout ça je le savais déjà, c’est sans doute la principale raison pour laquelle je ne suis pas passée à l’action pendant toutes ces années…

Je me sentais heureuse à l’idée de pouvoir obtenir le CAPES tout en refusant un investissement de plusieurs années peut-être qui pouvait me mener à la répétition d’échecs. Alors que faire ? A 46 ans, avec un projet de création d’activité en cours qui ne me donnait déjà pas satisfaction, toujours salariée d’une entreprise dans laquelle je ne voulais surtout pas retourner (je n’étais pas candidate au burn-out !), avec des finances au plus bas… Je me suis finalement autorisée à passer le CAPES sans le préparer pour voir quel était mon niveau. Si les résultats s’avéraient prometteurs à l’écrit, je prendrais une année pour le travailler sérieusement en reprenant mes études en Congé Individuel Formation. Mais en attendant, je devais tout donner pour ne pas avoir besoin de ce plan B et réussir ma création d’activité !

Passer à l’action, enfin !

Et puis un jour le plan B devient le plan A… Trois semaines avant la date de l’écrit du CAPES, je laisse tomber définitivement et officiellement mon projet de création d’activité. A la question « Et maintenant ? » je réponds « Je vais passer le CAPES pour être prof d’espagnol, je suis déjà inscrite, l’épreuve est à la fin du mois ». Je ne fais pas l’annonce à la terre entière, non juste à la maison… pour les autres y compris ma mère « je cherche ce que je peux faire d’autre ». Les deux réponses sont vraies, je vais effectivement passer le CAPES et chercher un nouveau plan B.

Ce n’est pas parce que j’ai annoncé à mes enfants et à leur père que j’allais passer le concours que je suis vraiment décidée… Je sens encore plein de résistances. Eh oui ! La donne a changé, c’est maintenant mon plan A, ça fait monter le stress… Et en plus, je ne comprends pas pourquoi je n’arrive pas à trouver d’autres idées pour me reconvertir. Alors je pars en formation PNL avec l’objectif de trouver ma mission de vie (qui dans ma tête est associée à mon activité rémunératrice), rien que ça !

Peut-être pensez-vous que je devrais travailler pour le concours plutôt que de chercher ma mission de vie et faire des stages de PNL ? Moi aussi j’y pense, alors je lis des rapports de jury, ressors ma grammaire espagnole et fais quelques traductions… ce n’est pas gagné ! Heureusement, en formation PNL je me débarrasse d’une croyance limitante récente liée à la mission de vie et je comprends que pour avoir de nouveaux rêves il faut avoir réalisé les anciens ! Forte de cette nouvelle vision du monde, je passe l’écrit en donnant le meilleur de moi-même.

Je suis admise au CAPES d’espagnol !

Après avoir passé l’écrit, je pense en avoir terminé avec le CAPES pour cette année et je me renseigne pour reprendre mes études d’espagnol à la rentrée suivante. Malheureusement ce n’est pas possible dans le cadre d’un Congé Individuel Formation puisque c’est un concours, mais ça peut changer l’an prochain… Quand j’apprends que je suis admissible, j’ai déjà commencé à monter un dossier de demande de CIF pour être Conseillère en Insertion Professionnelle.

L’annonce est à la fois joyeuse et douloureuse : il faut que je passe l’oral ! Dans ma tête c’est impossible de passer le cap de l’oral sans reprise d’études et c’est aussi impossible de se présenter face au jury sans avoir travaillé… Alors je me mets à réviser, enfin déjà à comprendre l’épreuve et ce que le jury attend de moi et je me rends compte de l’énormité des connaissances requises.

Pour ne pas me laisser envahir par le stress et renoncer à passer l’oral, j’ai recours à l’énergétique, à la méthode Access Bars en plus du Qi Gong que je pratique régulièrement. Et je vais à l’oral avec l’intention de donner le meilleur de moi-même. L’épreuve est intense, le temps de préparation très court par rapport au travail à réaliser. J’en sors complètement vidée, heureuse d’avoir été jusqu’au bout de mon projet. Je vais bientôt savoir si ce vieux rêve peut devenir réalité !

Et je l’ai !!! Ouiiiiiiii ! Je suis admise au CAPES d’espagnol !!!! Pourtant une fois de plus, je me rends compte que je suis capable de renoncer au CAPES si je suis affectée à l’autre bout de la France ! Les informations d’affectation arrivent par étapes, d’abord l’académie, je suis dans ma région ! Toujours pas question pour moi de faire 200 km pour enseigner… Finalement je n’ai plus d’excuses,  je vais aller jusqu’au bout puisque je suis affectée à 35 km de chez moi pour l’année de stage ! Maintenant c’est une autre histoire, il faut que je prépare ma rentrée au lycée !

Admise au CAPES, que l'aventure commence !

Admise au CAPES, que l’aventure commence !

Et vous, où en êtes-vous dans la réalisation de vos vieux rêves ?

 

Réaliser ce vieux rêve professionnel me permet de passer un cap et de me projeter dans l’avenir plus confiante tout en sortant de ma zone de confort. Et puis j’ai un autre vieux rêve à réaliser : habiter au bord de la mer. Les deux sont compatibles !

Je vous invite à partager vos vieux rêves dans les commentaires ci-dessous et pourquoi pas les étapes de leur réalisation ?

Merci ♥♥♥

Crédits photo Pixabay

 

 

 

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4 Comments

  1. olive d'uranus

    Alors? Cette rentrée d’enseignante stagiaire? Faut nous raconter!

    J’ai passé le capes il y a 4 ans, après 15 années de vie professionnelle dans le domaine de ma matière. Je suis allé en touriste au concours après avoir lu les rapports de jurys des années précédente. Je l’ai eu, mon année de stage a été horrible. J’étais la seule personne de la promo à avoir plus de 30 (et plus de 40)ans. Des formateurs consternants dans ma matière. Il nous faisaient faire leurs séquences comme si nous étions des élèves. Nous étions uniquement jugés sur le fait de bien s’infantiliser et de s’émerveiller devant ce ramassis de médiocrité, des formateurs qui ne connaissent pas Piaget et Vygotsky… Ils auraient vendu leurs mères au nom des sacro-saints programmes. Sachant que lorsque ces programmes ont changé, ils retournaient leurs vestes en prétendant que les anciens programmes étaient mauvais.
    J’étais à l’ESPE de Paris, le tronc commun (pour les enseignants de la maternelle au collège toutes matières) était cela dit génial, des profs passionnants sur tous les domaines de l’apprentissage: gestion de classe, didactique, docimologie, pédagogie de projet, discrimination fille-garçon dans l’orientation, ateliers philo…
    Une année épuisante quand on a 3 enfants et qu’on doit prendre un train hyper tôt pour aller à Paris car le train suivant arrive 5 minutes après le début des cours et qu’on se fait taper sur les doigts.

    Puis il y a la titularisation et soudain plus personne ne vous parle, silence radio, on fait juste ce qu’on veut dans sa classe en essayant de faire passer un bon moment aux jeunes. Un inspecteur passera sans doute dans quelques années… comme une mouche passe, bzzzzz. Il posera la célèbre question, preuve de sa compétence: “mais quels sont exactement vos objectifs de formation?” ou encore “savez-vous exactement ce qu’est une compétence?”
    et là, je lui répondrai, telle une candidate à télémagouille:
    “vous pouvez répéter la question?”

    Bon courage dans cette institution de fous. Le pire étant bien souvent les parents qui passent leur temps à être exigeants avec les autres mais rarement avec leurs enfants.

    Reply
    1. Fifi Brindacier (Post author)

      Merci, merci, merci pour ce témoignage !

      Je ne suis donc pas la seule « à tomber de l’armoire » plusieurs fois par jour en classe, en salle des profs, à l’ESPE… La bienveillance est le mot d’ordre, et c’est heureux ! Mais certaines pratiques ou paroles me font penser qu’il existe plusieurs définitions de cette bienveillance…

      Et pourtant je suis heureuse d’être là ! Parce que j’apprends tous les jours, et ça c’est précieux pour moi ! J’apprends des différentes situations vécues avec les élèves, les collègues, les formateurs… et aussi beaucoup sur moi-même et sur les autres, les façons d’être, de communiquer, de se « sentir vivant ». Bref, c’est très enrichissant ! Et j’adore les « petites victoires », comme par exemple l’élève en retrait qui prend enfin la parole et avec le sourire en plus (au 5ème cours…).

      Mais ce qui est vraiment difficile à gérer, c’est le rythme intense de cette rentrée et le temps qui me manque pour m’occuper de mes enfants, pour préparer mes cours, pour prendre soin de moi tout simplement !

      Quoi qu’il en soit, je suis bien décidée à traverser cette année de stage dans la joie et la bonne humeur !

      Bonne continuation Olive ! Et au plaisir de lire vos commentaires sur les prochains articles que j’espère trouver le temps d’écrire pendant les vacances scolaires.

      Reply
  2. olive d'uranus

    Quand on dit ” le pauvre élève, sa situation est difficile donc on va pas trop lui en demander” c’est l’inverse de la bienveillance, c’est du mépris et de la condescendance.
    Je vais encore raconter ma vie mais je trouve tellement choquant d’entendre ces mots de la part de formateurs en visite dès une première séance de travail: “il faut absolument choisir des objectifs de formation atteignable par TOUS les élèves”.
    Niveler par le bas, toujours et encore…
    J’ai failli me barrer l’année de stage et c’est une formatrice géniale de la DAFOR qui m’a dit ” surtout ne démissionne pas, tiens bon cette année, ensuite tu seras dans le système et là, tu pourras le faire évoluer, on a besoin de gens comme toi”. Elle avait sans doute raison.
    C’est une année vraiment très difficile en tous points, surtout quand on a un peu de bouteille et des enfants. Au milieu de tout ça, il ne faut surtout pas oublier les moments de plaisir qui nous sont indispensables, c’est une année où l’on survit, même en étant un spécialiste de la psychologie positive.
    Prenez soin de vous et donc, nous l’espérons tous, rendez-vous aux vacances pour le prochain article! JOIE !

    Reply
    1. Fifi Brindacier (Post author)

      Merci Olive !

      J’ai repris les cours de Qi Gong, pour moi c’est l’outil idéal pour retrouver de la sérénité quand on est en mode “survie” !

      A bientôt

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